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Bagages perdus : règles de la Convention de Montréal et réclamations

Bagages perdus, retardés ou endommagés : ce que les compagnies doivent selon la Convention de Montréal. Délais de réclamation et plafonds en DTS.

Lorsqu’un bagage en soute n’arrive pas, la responsabilité de la compagnie aérienne est fixée par un traité international, et non par ses propres conditions de transport. La Convention de Montréal, qui s’applique à la plupart des itinéraires internationaux, plafonne la responsabilité d’un transporteur pour les bagages à 1 288 Droits de Tirage Spéciaux (DTS) par passager. Ce chiffre est révisé tous les cinq ans et a été modifié pour la dernière fois en 2019 ; ce n’est pas un montant fixe en devise. Le même traité fixe des délais courts pour présenter une réclamation : sept jours pour les dommages, vingt et un jours pour les retards, à compter de la date à laquelle le bagage a été mis à la disposition du passager. Les vols intérieurs aux États-Unis sont régis à la place par la règle de remboursement du Department of Transportation et par le contrat de la compagnie elle-même, qui peut fixer une limite différente. La première étape pratique est la même dans les deux régimes : signaler le bagage avant de quitter l’aéroport et conserver les documents.

La règle qui fixe le chiffre

La Convention de Montréal est l’instrument qui crée le droit. Elle s’applique au transport international, y compris les itinéraires avec une escale dans un autre pays. Pour les bagages, l’article 22(2) fixe la limite à 1 288 DTS par passager. Le DTS est une unité de compte définie par le Fonds monétaire international ; sa valeur dans toute monnaie nationale change quotidiennement. Une page qui cite un montant en dollars comme s’il était fixe cite une conversion, pas la règle. La responsabilité de la compagnie est également plafonnée par passager, et non par bagage, donc un passager voyageant avec deux bagages n’obtient pas deux limites.

Pour les vols intérieurs américains, la règle de remboursement du DOT exige le remboursement des frais de bagage si le bagage est perdu, et le contrat de transport de la compagnie fixe la limite d’indemnisation. Cette limite est souvent inférieure au chiffre de Montréal et est énoncée dans les propres règles de la compagnie. Le régime applicable dépend donc de l’itinéraire, et non de la marque de la compagnie.

Ce que les délais de réclamation signifient en pratique

Les délais de sept et vingt et un jours ne sont pas des échéances pour que la compagnie paie ; ce sont des échéances pour que le passager notifie. Selon la Convention de Montréal, une réclamation pour dommage doit être faite dans les sept jours suivant la réception du bagage, et une réclamation pour retard dans les vingt et un jours à compter de la date à laquelle le bagage a été mis à la disposition du passager. Si le bagage n’est jamais retrouvé, la réclamation est pour perte, et la Convention ne fixe pas le même délai court ; les propres conditions de la compagnie fixent généralement une période après laquelle un bagage est présumé perdu, souvent 21 jours. Manquer le délai de notification peut éteindre la réclamation, donc la date à laquelle le bagage a été restitué ou la date à laquelle il aurait dû l’être doit être enregistrée.

Le rapport d’irrégularité de bagage

Le rapport d’irrégularité de bagage (PIR) est le document qui lance la réclamation. Il est déposé à l’aéroport, généralement au comptoir de service des bagages, avant de quitter la zone d’arrivée. Le numéro de PIR est la référence que la compagnie utilisera. Une copie doit être conservée, ainsi que les étiquettes de bagage, la carte d’embarquement et tous les reçus pour les dépenses causées par le retard. La compagnie est tenue de couvrir les dépenses provisoires raisonnables pendant que le bagage est manquant, mais ce qui est considéré comme raisonnable dépend de la politique de la compagnie et de la durée du retard. Les reçus sont ce qui rend la réclamation vérifiable.

Ce que la compagnie couvre dans l’intervalle

Pendant qu’un bagage est retardé, la compagnie est généralement responsable des dépenses raisonnables, telles que les articles de toilette et les vêtements. La Convention de Montréal ne les détaille pas ; elle fixe la limite de responsabilité globale. La compagnie peut demander des reçus et peut fixer un plafond journalier dans sa propre politique. Ces plafonds sont propres à chaque compagnie et ne font pas partie de la Convention. Le passager doit conserver chaque reçu et les soumettre avec le numéro de PIR. Si le bagage est finalement retrouvé et livré, la réclamation devient une réclamation pour retard, et le délai de vingt et un jours s’applique. S’il n’est pas retrouvé, la réclamation devient une réclamation pour perte, et la limite de 1 288 DTS s’applique.

Exemple de calcul : convertir la limite en DTS

Le chiffre de 1 288 DTS n’est pas un montant en devise. Pour voir ce qu’il produit, la valeur du DTS doit être convertie au taux à la date concernée. Les étapes ci-dessous utilisent un taux hypothétique pour montrer la méthode ; le taux réel change quotidiennement et doit être vérifié.

Étape 1 : Identifier la limite en DTS.
  Limite = 1 288 DTS par passager (Convention de Montréal, article 22(2)).

Étape 2 : Trouver le taux DTS-devise pour la date de la réclamation.
  Taux exemple : 1 DTS = 1,32 USD (hypothétique ; vérifier le taux du FMI pour la date réelle).

Étape 3 : Multiplier la limite par le taux.
  1 288 DTS x 1,32 USD/DTS = 1 700,16 USD.

Étape 4 : Comparer avec les pertes documentées.
  Si les pertes documentées sont de 2 000 USD, le montant récupérable est plafonné à 1 700,16 USD.
  Si les pertes documentées sont de 900 USD, le montant récupérable est de 900 USD.

Le résultat est un plafond, pas un droit. La compagnie paie le moindre entre la perte documentée et la limite convertie. Le taux de conversion est la variable qui modifie le chiffre, et il change quotidiennement.

Ce qui détermine le chiffre

Le tableau ci-dessous expose les conditions qui modifient le montant qu’un passager peut récupérer. Les chiffres eux-mêmes ne sont pas répétés ici car ils dépendent de la date et du régime.

ConditionCe que cela changeOù le chiffre est indiqué
Itinéraire international sous la Convention de MontréalApplique la limite de 1 288 DTS par passagerConvention de Montréal, article 22(2)
Itinéraire intérieur américainApplique la limite du contrat de transport de la compagnie, qui peut être inférieureConditions de transport de la compagnie
Date de conversionModifie la valeur en devise de la limite en DTSTaux DTS du FMI pour la date
Bagage retardé vs perduModifie le délai de réclamation (21 jours pour le retard ; la perte n’a pas de délai court fixe)Convention de Montréal, article 31
Bagage endommagéModifie le délai de réclamation à 7 joursConvention de Montréal, article 31
Dépenses provisoiresLa politique de la compagnie fixe des plafonds journaliers et des exigences de reçusPolitique de bagages de la compagnie

Ce que les gens comprennent mal

L’erreur la plus courante est de traiter le chiffre de 1 288 DTS comme un montant en espèces. C’est une unité de compte, et sa valeur en dollars, euros ou livres change quotidiennement. Un passager qui lit un montant en dollars sur un blog et s’attend à cette somme exacte sera déçu lorsque la compagnie convertira à un taux différent. L’erreur est naturelle car la plupart des chiffres financiers que les gens rencontrent sont déjà dans une monnaie nationale ; le DTS ne l’est pas.

Une deuxième erreur est de quitter l’aéroport sans déposer de PIR. Le rapport est la preuve que le bagage était manquant à l’arrivée. Sans lui, la compagnie peut soutenir que le bagage a été perdu plus tard, hors de sa garde. L’erreur est naturelle car la zone d’arrivée est animée et le passager peut supposer que le bagage arrivera sur le vol suivant. Déposer le PIR prend quelques minutes et préserve la réclamation.

Une troisième erreur est de manquer le délai de sept jours pour les dommages. Une valise fissurée peut sembler mineure sur le moment, et le passager peut prévoir de la signaler plus tard. Au moment où le dommage est signalé, le délai peut être clos. L’erreur est naturelle car le dommage est constaté après que le passager a quitté l’aéroport et l’urgence n’est pas évidente.

Une quatrième erreur est de supposer que la compagnie paiera automatiquement la limite complète. La limite est un plafond ; la compagnie paie la perte documentée jusqu’à ce plafond. Les reçus, les évaluations et la preuve de propriété sont ce qui transforme un plafond en paiement.

Étapes après qu’un bagage n’arrive pas

  1. Déposez un PIR au comptoir de service des bagages avant de quitter la zone d’arrivée. Conservez le numéro de PIR.
  2. Conservez les étiquettes de bagage, la carte d’embarquement et tous les reçus pour les dépenses provisoires.
  3. Envoyez une réclamation écrite à la compagnie dans le délai applicable : sept jours pour les dommages, vingt et un jours pour le retard. Pour la perte, vérifiez les conditions de la compagnie pour la période de présomption de perte.
  4. Indiquez la perte documentée et joignez les reçus. La compagnie paie le moindre entre la perte documentée et la limite convertie en DTS.
  5. Si la compagnie rejette la réclamation, le passager peut saisir l’organisme national d’exécution du pays de départ ou d’arrivée du vol. Aux États-Unis, il s’agit du Department of Transportation.

La mise en garde sur la conversion des DTS

Toute page qui cite un montant en dollars pour la limite de la Convention de Montréal cite une conversion à une date particulière. La règle elle-même est en DTS. Le FMI publie le taux quotidiennement, et la compagnie utilisera le taux à la date à laquelle elle règle la réclamation. Le montant qu’un passager peut récupérer est donc la perte documentée, plafonnée à 1 288 DTS convertis au taux du jour du règlement. Le seul chiffre fixe est 1 288 DTS ; tout le reste est conditionnel.

Quand le bagage est endommagé

Les réclamations pour dommages suivent la même procédure mais avec un délai plus court. Le PIR doit être déposé à l’aéroport si le dommage est visible, ou le dommage doit être signalé à la compagnie dans les sept jours suivant la réception du bagage. Des photographies du dommage, l’état d’origine du bagage si disponible, et le reçu du bagage ou une évaluation sont les preuves. La compagnie peut réparer le bagage, le remplacer ou payer la perte documentée jusqu’à la limite. Le choix est généralement celui de la compagnie, selon ses conditions de transport.

Quand le bagage est retardé

Les réclamations pour retard couvrent les dépenses provisoires raisonnables. Le délai de vingt et un jours court à partir de la date à laquelle le bagage a été mis à la disposition du passager. La compagnie peut fixer un plafond journalier pour les dépenses provisoires dans sa propre politique ; ce plafond ne fait pas partie de la Convention de Montréal. Des reçus sont exigés. Si le bagage n’est jamais retrouvé, la réclamation se transforme en perte, et la limite de 1 288 DTS s’applique.

Ce que la page de la compagnie ne dira pas

La page de la compagnie indiquera sa limite de responsabilité et sa procédure de réclamation. Il est moins probable qu’elle indique que la limite est fixée par un traité international, que le chiffre du traité est en DTS et change quotidiennement, ou que les délais de réclamation sont courts et peuvent éteindre la réclamation. Il est également peu probable qu’elle indique que le passager peut saisir un organisme national d’exécution. Ce sont les parties qui comptent lorsqu’un bagage n’arrive pas.

Questions fréquentes

Quelle est la limite de bagages de la Convention de Montréal ?

La Convention de Montréal plafonne la responsabilité de la compagnie aérienne pour les bagages à 1 288 Droits de Tirage Spéciaux (DTS) par passager sur les vols internationaux. Le DTS est une unité de compte définie par le FMI, et sa valeur dans toute monnaie change quotidiennement. La limite est un plafond, pas un montant fixe en espèces.

Combien de temps ai-je pour réclamer pour un bagage endommagé ?

Selon la Convention de Montréal, une réclamation pour dommage doit être faite dans les sept jours suivant la réception du bagage. Le délai court à partir de la date à laquelle le bagage a été mis à votre disposition. Le manquer peut éteindre la réclamation, donc signalez tout dommage dès qu'il est constaté.

Que faire si mon bagage est retardé ?

Déposez un rapport d'irrégularité de bagage (PIR) à l'aéroport avant de quitter la zone d'arrivée, et conservez le numéro de PIR. La compagnie est généralement responsable des dépenses provisoires raisonnables, mais sa politique peut fixer des plafonds journaliers et exiger des reçus. Le délai de réclamation pour retard est de vingt et un jours.

La compagnie paie-t-elle automatiquement les 1 288 DTS complets ?

Non. La limite est un plafond. La compagnie paie le moindre entre votre perte documentée et la limite convertie en DTS. Des reçus, des évaluations et une preuve de propriété sont nécessaires pour transformer le plafond en paiement.

Et si mon bagage n'est jamais retrouvé ?

Si le bagage n'est pas retrouvé après la période de présomption de perte de la compagnie, la réclamation devient une réclamation pour perte. La limite de 1 288 DTS par passager de la Convention de Montréal s'applique, convertie au taux du jour du règlement. Les conditions de transport de la compagnie fixent la période après laquelle un bagage est présumé perdu.

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